Nouveautés & Coups de coeur

                     

Nouveauté disponible à la médiathèque

Pierre Guyotat, Idiotie, Grasset, 2018, 249 p.

Prix Médicis 2018
«Cet Idiotie traite de mon entrée, jadis, dans l’âge adulte, entre ma dix-neuvième et ma vingt-deuxième année, de 1959 à 1962. Ma recherche du corps féminin, mon rapport conflictuel à ce qu’on nomme le “réel”, ma tension de tous les instants vers l’Art et vers plus grand que l’humain, ma pulsion de rébellion permanente  : contre le père pourtant tellement aimé, contre l’autorité militaire, en tant que conscrit puis soldat dans la guerre d’Algérie, arrêté, inculpé, interrogé, incarcéré puis muté en section disciplinaire.
Mes rébellions d’alors et leurs conséquences  : fugue, faim, vol, remords, errances, coups et prisons militaires, manifestations corporelles de cette sorte de refus du réel imposé  : on en trouvera ici des scènes marquantes.
Drames intimes, politiques, amitiés, camaraderies, cocasseries, tout y est vécu dans l’élan physique de la jeunesse. Dans le collectif.»


Philippe Lançon, Le lambeau, Paris, Gallimard, 2018, 509 p.

Lambeau, subst. masc.
1. Morceau d’étoffe, de papier, de matière souple, déchiré ou arraché, détaché du tout ou y attenant en partie.
2. Par analogie : morceau de chair ou de peau arrachée volontairement ou accidentellement. Lambeau sanglant ; lambeaux de chair et de sang. Juan, désespéré, le mordit à la joue, déchira un lambeau de chair qui découvrait sa mâchoire (Borel, Champavert, 1833, p. 55).
3. Chirurgie : segment de parties molles conservées lors de l’amputation d’un membre pour recouvrir les parties osseuses et obtenir une cicatrice souple. Il ne restait plus après l’amputation qu’à rabattre le lambeau de chair sur la plaie, ainsi qu’une épaulette à plat (Zola, Débâcle, 1892, p. 338).
(Définitions extraites du Trésor de la Langue Française).


Nicolas Mathieu, Leurs enfants après eux, Actes Sud, 2018, 425 p.

Prix Goncourt 2018
Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.


Marc Laine, Démons, Les Nouveaux Auteurs, 2018, 565 p. RP LAI

Prix VSD du polar 2018
Lieutenant de police judiciaire à Avignon, Maxime porte sur son visage la marque du démon. Sept profondes cicatrices, de la tempe au menton, qui le font passer inaperçu parmi les voyous et lui ont laissé l’âme balafrée. Le Mal, il le connaît. Le reconnaît. D’instinct. Mais cette scène de crime dépasse de loin ses talents de chasseur. Pendu à des crocs de boucher, un homme a été proprement massacré. Le premier d’une longue série qui mènera Maxime aux portes de l’enfer. Et celles-ci ne s’ouvrent pas impunément…
 
 
 
 


Sandraone Dazieri, Tu tueras l’ange, Robert Laffont, 2018, 635 p. RP DAZ

La Mort au terminus… 23 h 50, voie 7. Le TGV en provenance de Milan entre en gare de Rome. À son bord, l’intégralité des passagers de la classe affaires nage dans son propre sang…
Si les premières constatations dirigent la police vers l’attentat terroriste, la commissaire adjointe Colomba Caselli soupçonne vite des complications. Un seul homme pour y voir clair : son vieil ami Dante Torre, « l’Homme au Silo ». Celui qui a connu l’enfer. Celui qui reconnaît ses démons. Il y a là la marque d’un ange, d’un ange déchu, femme sans visage venue du froid pour semer vengeance et carnage…
 
 
 
 


Yaa Gyasi, No home, Calmann-Levy, 2017, 410 p. R GYA

XVIIIe siècle, au plus fort de la traite des esclaves. Effia et Esi naissent de la même mère, dans deux villages rivaux du Ghana. La sublime Effi a est mariée de force à un Anglais, le capitaine du Fort de Cape Coast. Leur chambre surplombe les cachots où sont enfermés les captifs qui deviendront esclaves une fois l’océan traversé. Effi a ignore que sa soeur Esi y est emprisonnée, avant d’être expédiée en Amérique où des champs de coton jusqu’à Harlem, ses enfants et petits- enfants seront inlassablement jugés pour la couleur de leur peau. La descendance
d’Effia, métissée et éduquée, connaît une autre forme de souffrance : perpétuer sur place le commerce triangulaire familial puis survivre dans un pays meurtri pour des générations.
Navigant brillamment entre Afrique et Amérique, Yaa Gyasi écrit le destin d’une famille à l’arbre généalogique brisé par la cruauté des hommes. Un voyage dans le temps inoubliable.
Roman traduit de l’anglais par Anne Damour.


David Diop, Frères d’âme, Seuil, 2018, 174 p. R DIO

Prix Goncourt des lycéens 2018
Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.
Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.


Amélie Nothomb, Les prénoms épicènes, Albin Michel, 2018, 154 p. R NOT

« La personne qui aime est toujours la plus forte. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Les coups de coeur

André Loez, 14-18. Les refus de guerre – Une histoire des mutins, Editions Gallimard, 2010, 690 p.

La guerre de 14-18 si elle n’a pas soulevé l’enthousiasme qu’on a bien voulu décrire, a tout de même entraîné un certain patriotisme ou tout au moins une acceptation. L’Ennemi est souvent décrit par les poilus comme Guillaume – en référence à Guillaume II – et non l’Allemand en général.
On parle peu des désertions, et en effet, les historiens estiment que moins de 1% des conscrits ont refusé d’être mobilisé. André Loez revient dans son travail sur les refus de guerre qui débutent avec l’entrée en guerre, entre obéissance et réticence. Il analyse surtout « la rupture inouïe » que constituent les mutineries de 1917. La guerre donne à ce moment des signes d’essoufflement tant au niveau français qu’européen. La Paix n’est plus loin ! L’amitié entre les peuples en Europe attendra encore plusieurs dizaines d’année.


Françoise Vielzeuf, Les larmes de Mélanie, Editions Nombre 7, 2018, 159 p.

Françoise Vielzeuf, auteure Saint-Christolenne, nous livre un nouveau roman d’actualité, ou plutôt d’une actualité liée à la mémoire dans cette période de centenaire de la 1ere Guerre mondiale. En effet, suite à la redécouverte d’un carnet de poilu légué par son oncle, elle a imaginé l’histoire d’une famille, de sa famille. Cette famille de paysans cévenols voit deux de ses fils partir à la guerre. Ils combattront côte à côte pendant 4 ans. Les joies, les peines, la vie quotidienne de cette famille durant la guerre sont évoquées avec tendresse et réalisme.
C’est aussi la douleur d’une mère qui est au cœur de ce roman. Comment vivre en sachant ses deux enfants au front, risquant tout, en ayant des nouvelles occasionnelles… ? « Un bond dans le temps de 100 ans pour ne rien oublier du passé ».